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 - l'arcane sans nom | Emilia -

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Erik M. Lehnsherr
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The final solution it's a box full of tricks and I'm through with repairs when there's nothing to fix, I'm armed with delusions and one little thing.
    Some rise by sin itself, others by virtue fall.
Why should I apologize for the monster I've become, no one has ever apologised for making me this way.


Âge : 34 ans
Capacité(s) : Manipulation magnétique (contrôle, mise en mouvement, perception, lévitation)

MessageSujet: l'arcane sans nom | Emilia   Jeu 7 Avr - 20:26
L'arcane sans Nom



There's trouble close at hand
You'd better pay attention now
'Cause I'm the Boogie Man
And if you aren't shakin'
Then something's very wrong.



Il y avait peu de circulation, en cette belle fin de matinée. De l’autre côté des grandes baies vitrées du dinner, une voiture passait de temps à autre, paisiblement : nous étions dimanche, bien loin de la cacophonie des embouteillages rythmant les jours de semaine, et les gens profitaient de leur dernière portion de week-end avant l’inévitable lundi. Le ciel était joliment bleu, pour la saison.

-Franchement, je vois pas ce qu’on a été fout’ sur ces plages de Normandie à la con. Mon vieux, c’est à Omaha Beach qu’on l’a envoyé, avec même pas trois poils sur le menton, et tout ça pour quoi ? Une balle dans le lard, une jolie médaille, et ses yeux pour pleurer. Même pas un dollar de prime, que l’Gouvernement a craché pour lui.

Le café n’était pas si mauvais que ça, d’ailleurs, même plutôt bon. Les pâtisseries, au comptoir, et bien qu’elles doivent bien dater d’un ou deux jours déjà, demeuraient appétissantes. Siroter une bonne boisson chaude le plus tranquillement du monde, dans le léger brouhaha des conversations des autres clients attablés là, tenait presque du tour de force, dans une ville aussi grouillante et tentaculaire que New-York.

-T’façon, moi je vais vous dire, on n’avait rien à y faire, en Europe. Les Japs, eux, nous avaient clairement attaqués, mais les Schleus ? Ils étaient de l’aut’ côté de l’océan, ils nous menaçaient pas, et on aurait pu les voir venir de loin. Tu parles que not’ armée les aurait écrasés bien avant qu’ils posent une botte sur nos côtes ! Mais non, le bon Président a voulu partir à la rescousse de ces péteux d’Anglais, de ces pleurnichards de Français, et de tous les aut’ trouducs. Tout ça pour quoi ? Tellement de morts parmi les nôtres, parce que ceux d’en face sont infoutus de se débrouiller sans nous, alors que c’est même pas nos terres.

Nouvelle gorgée pour Erik, tout à sa contemplation du monde extérieur. Sur le chemin, il avait eu envie d’un café, et il s’agissait d’une des rares fois où le mutant avait décidé de céder à ce menu caprice personnel. Il n’y avait pas de regret à avoir, le prix restait correct pour un service tout de même de qualité ; travailler un dimanche, avec le sourire et la dose de courtoisie requise par leur patron, devait demander de prendre pas mal sur soi, sans doute.

-Je vais vous dire une bonne chose, les gars…

Les gens connaissaient les bonnes adresses, vraisemblablement, compte-tenu de la salle presque remplie à moitié. Les cafés ouverts le jour du Seigneur devaient se compter sur les doigts d’une main, et s’éviter d’avoir à se préparer soi-même un brunch séduisait les riverains, dont l’humeur paraissait bon enfant, pour autant qu’il ait pu le constater. À part un homme attablé avec un petit groupe d’amis, enchainant à eux cinq les bières à à peine dix heures du matin, pour mieux écouter la fine analyse géopolitique de leur compère, tout le monde tournait aux pancakes et à la caféine.

-… Moi, je trouve pas qu’ils aient eu tellement tort, les nazis. On leur a beaucoup tapé dessus, parce que les camps, c’était moche, et c’est vrai qu’ils s’y sont peut-être pas pris de la meilleure façon. Mais ils avaient un vrai problème, et ils ont voulu le résoudre ; nous on est dans la même situation, et on fait rien.

À vrai dire, le léger bruit de fond, propre à n’importe quel bar ou restaurant, se trouvait quasiment couvert par la diatribe du grand penseur. Chemise élimée, ventre bedonnant, cet enfant de soldat n’avait jamais dû approcher un camp de bataille de sa vie, quoi qu’il dut assurément en parler mieux que quiconque, parce que lui savait, voyez-vous, son père avait été à Omaha Beach. Rien qu’à le voir, on imaginait sans peine le lâche sous le vernis d’orateur, le chômeur enivré de grandeur et d’alcool bon marché. Célibataire, à n’en point douter. Deux pièces crasseux, dix ou quinze dollars à la banque. Le journal d’il y a une semaine, froissé, ouvert à la page des offres d’emplois, dont une ou deux grossièrement entourées au stylo, en pure perte : ses entretiens, il les rate, ses petits boulots, il finit toujours par les perdre. Son père a combattu à Omaha Beach, vous savez. Son gamin a beau eu vendre sa médaille à un prêteur sur gages pour s’acheter du Whiskey –cette vieille babiole ne servait à rien, et puis vu la pension misérable que touchait son paternel, l’Etat pouvait bien au moins les aider de cette manière-, mais c’est ça l’important. Il connait comment ça tourne, une guerre, comment ça se déclenche, et surtout comment ça se règle.

-Ils ont eu le courage de regarder la réalité en face : les Juifs sont des pourris. Oh, ils ont pas l’air comme ça, mais Tonton Adolf, pour tout secoué qu’il était, il avait vu clair dans leur jeu. De sacrés hypocrites… Tu m’étonnes qu’ils ont eu peur, en 39. Toutes leurs salles petites combines qui commencent à s’effriter… Ils ont tremblé pour leurs millions, ça oui. Tout ce fric gardé dans leurs coffres, alors que leur pays crevait à petit feu… Forcément, un jour, ça a pété.

Erik posa à nouveau ses lèvres sur sa tasse, savourant distraitement le café tiède. Son regard flirta avec une petite ruelle, là-bas, celle qu’il avait empruntée pour venir, après avoir fait le tour du pâté de maison en voiture pour s’assurer que la voie était libre, et s’être garé à un block de là. Tout était parfaitement calme, à part cet homme parlant trop fort.

-Rien qu’une bande de rats, de voleurs bouffis d’avarice. On a les mêmes chez nous, mais personne bouge le petit doigt, pas politiquement correct qu’y disent. Tu parles, z’ont juste pas les burnes de faire le grand nettoyage.

Amusant, comme personne ne lui disait rien. Au fil de la diatribe, les autres clients avaient de plus en plus piqué du nez vers leur assiette, pour mieux s’armer d’œillères et attendre que ça passe, que ce grossier personnage ne trouve plus rien à ajouter. On aurait vraiment pu croire qu’ils parvenaient même à ne pas entendre le discours de leur voisin de table, à force de souhaiter être ailleurs.

-Si ça ne tenait qu’à moi…

Personne ne saurait ce qu’aurait fait ce citoyen gorgé de noblesse, s’il avait siégé à la Maison Blanche, ou eu la moindre responsabilité gouvernementale. En effet, un jeune serveur était venu lui apporter sa commande, une autre bière en bouteille, avant de se faire congédier d’un geste excédé de la main, apparemment parce que les grands hommes n’avaient pas besoin d’un morveux pour décapsuler leurs blondes tout seuls. L’opercule, pourtant, résistait, et diablement : remettant à plus tard la conclusion de son brillant exposé, l’énergumène commença à s’escrimer sur la bouteille, sourcils froncés.

Une mauvaise idée, puisque d’apparence, le liquide se trouvait sous pression, et que la capsule, brusquement libérée, partit comme une balle en direction de son visage, avant de lui crever l’œil, de traverser le cerveau et de venir riper contre la paroi interne du crâne.

Le grand sauveur de l’Amérique venait d’être tué sur le coup, sans un cri. Son corps s’écroula en arrière, alors que la table de formica, devant lui, était à présent constellée de tâches de sang.

Erik reposa posément sa tasse lorsque les amis du regretté politicien ayant raté sa vocation commencèrent à appeler leur camarade, à s’approcher de lui, à tenter de le secouer, puis à paniquer devant le spectacle de son visage défiguré. Il avait quasiment finit sa consommation, et tira un billet de son portefeuille, dans le plus grand de tous les calmes, alors que la vague de panique commençait à s’étendre, aussi vite que la nouvelle : un homme venait de mourir sous leur nez alors qu’ils prenaient tous leur petit déjeuner. Une fois l’addition payée –le prix du café, et le pourboire- en laissant simplement son argent sur sa table, Lehnsherr se leva,  et s’avança non pas vers la porte principale du café, par laquelle une ménagère sortait déjà en hurlant, mais vers la porte de service, située à côté de la caisse. Personne ne fit attention à lui : imaginez-vous bien que les gens détestent avoir des ennuis, sont facilement inquiétables, et surtout maladivement curieux. L’attention générale se trouvait braquée sur le corps inanimé ainsi que le petit attroupement en train de se former autour de lui, un anonyme s’éclipsant par derrière ne méritait pas qu’on le remarquât.

Pas la peine non plus de courir, la police n’arriverait pas avant dix bonnes minutes –le dimanche aussi, les forces de l’ordre rechignaient à bouger, plus encore pour ce qui ressemblait fort à un malheureux et stupide accident. Se fondre dans le décor, dépourvu du moindre signe d’agitation, le rendrait encore plus invisible, et le rayerait des mémoires.

C’était diablement une mauvaise idée de défendre l’idéologie nazie en présence d’un homme comme Erik Lehnsherr. Le gros type ignorait qui se trouvait dans le même dinner, et surtout quelles capacités ce dernier avait, doublées d’une absence absolus des scrupules quant à le faire taire, disons, je ne sais pas moi, en donnant par exemple suffisamment d’énergie cinétique à une capsule de bière pour lui trouer la tête. Mais bon, inutile de s’émouvoir là-dessus, l’offense avait été réparée, tout allait bien dans le meilleur des mondes. Tenez, le mutant n’avait même pas fait en sorte que la pièce de métal se scinde en d’innombrables fragments, semblables à du shrapnel, et transforme ainsi en bouillie la cervelle de Mister USA, voire même amoche au passage ses quatre crétins de camarades. Il y avait de quoi se montrer optimiste.

Dans la cour intérieure, où le café recevait ses livraisons et où le personnel s’accordait ses pauses cigarettes ou bavardage, quelques serveurs écrasaient à la va-vite leurs mégots, pour mieux revenir à l’intérieur et déterminer l’origine de l’agitation régnant dans la salle. L’un d’entre eux demanda à Magneto ce qui se passait, ce à quoi ce dernier répondit par un haussement d’épaules indifférent, traduction silencieuse d’un « aucune idée ». Croiser un grand type bizarre dans un coin plutôt réservé aux employés ne ferait pas vraiment tiquer les enquêteurs : c’était tout bêtement un accident. Ce n’était pas comme si quelqu’un aurait été capable de manipuler à distance cette maudite capsule.

Une jeune femme, brune, semblait encore hésiter entre demeurer sur place ou suivre ses collègues ; distraitement, Lehnsherr repéra son prénom, « Emilia », sur le badge qu’elle portait au niveau du cœur.

-Vous feriez mieux de prendre votre journée, lui conseilla-t-il courtoisement, tout en s’apprêtant à la dépasser, direction la rue. Je pense que vous allez fermer plus tôt que prévu, aujourd’hui.

Au loin, les premières sirènes de police commençaient à se faire entendre.



(c) lehnsherres
The Nightmare Before Christmas - Oogie Boogie's Song





and I breath no more
Don't get too close, it's dark inside, it's where my demons hide.


Magneto 2.0:
 
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