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 - Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned. -

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Erik M. Lehnsherr
Modératrice ▬ CONFRÈRE ▬ MAGNETO
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The final solution it's a box full of tricks and I'm through with repairs when there's nothing to fix, I'm armed with delusions and one little thing.
    Some rise by sin itself, others by virtue fall.
Why should I apologize for the monster I've become, no one has ever apologised for making me this way.


Âge : 34 ans
Capacité(s) : Manipulation magnétique (contrôle, mise en mouvement, perception, lévitation)

MessageSujet: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mer 22 Oct - 11:59

Erik Lehnsherr
ft. Michael Fassbender
Humain Mutant

Nom: Lehnsherr
Prénoms: Erik Magnus
Âge: 34 ans
Date de naissance: 18 janvier 1929

Genre: Masculin
Yeux: Bleu gris
Cheveux: Bruns
Taille: 1m87

Nationalité: Allemand
Statut: Célibataire
Lieu de résidence: Une base souterraine située au cœur d’une forêt, au Nord des Etats-Unis d’Amérique
Groupe: la Confrérie
Nom de code: Magneto

Pouvoir
Intitulé: Manipulation magnétique

Description:
  • Contrôle du métal: Erik est capable de manipuler les métaux sous toutes leurs formes, que ce soit en infimes quantités (fibres de titane, atomes de fer dans le sang), ou bien dans le cas d’objets de grande taille pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de tonnes, modifiant notamment leur forme.

  • Mise en mouvement: le mutant est également capable d’influencer le mouvement de ces objets, comme par exemple en arrêtant une balle dans sa course, ou encore de leur conférer une énergie cinétique, transformant n’importe quelle pièce métallique en projectile.

  • Perception: il a conscience du métal qui l'entoure à plus ou moins longue distance, et de façon plus ou moins précise selon son degré de concentration.

  • Lévitation: par le biais de la génération d’un champ magnétique autour de lui, il peut s’élever dans les airs.


Précisions:
  • La maîtrise de son pouvoir, améliorée grâce aux conseils de Charles Xavier, naît de la rencontre entre sa rage naturelle et un profond calme qu’il a appris à instiller en lui à la seule force de la volonté. Plus la prouesse à réaliser est hors normes, et plus cette part de quiétude se doit d’être importante.

  • Erik possède d’autre part plusieurs casques protégeant son esprit des intrusions psychiques.




Histoire

« I am no hero. Merely a man who has seen and done and endured what can never be forgotten or forgiven. » (Magneto - Uncanny X-Men #196)





Ses doigts se serrèrent un peu plus fort autour de ceux de sa mère, alors que la foule reprenait son lent cheminement. Sous la pluie battante, les silhouettes courbées se résumaient à des fantômes grisâtres, écrasés de leur chagrin, de leur fardeau, le fracas des torrents d’eau qui les gelait jusqu’aux os masquant à peine le bruit de macabre succion de chacun de leur pas, s’enfonçant dans une boue épaisse et noirâtre. Depuis combien de temps progressaient-ils ainsi, centaines de pauvres hères guidés vers une destination encore inconnue par un long couloir à ciel ouvert bordé de barbelés et de haine ? Il l’ignorait, tant il lui semblait que des semaines s’étaient écoulées depuis cette nuit-là, cette nuit de cauchemar où des soldats avaient fait irruption chez eux, les tirant de leur lit avant de les jeter sur les routes, avec tant d’autres infortunés, victimes de l’exécration institutionnalisée d’une race. L’enfant avait peur, peur de ces ombres immobiles surveillant tous ces fantômes terrassés en mouvement mécanique, peur de ces regards frappés de désolation qu’il croisait dès qu’il osait lever les yeux ; ce qu’il ne montrait pas, se voulant fort pour celle qui comptait sur lui. Sa mère, échine courbée, suivait le mouvement, lèvres tremblantes et bleuies par le froid, ses mots de réconfort rompus par la fatigue, le désespoir, la terreur de perdre son fils, son unique enfant. Blottis l’un contre l’autre, dans le silence, il n’osait lui demander ce qui allait leur arriver, ce que signifiait les mots « Arbeit macht frei » qui ceignaient le portail qu’ils avaient passé au matin, débarqués d’un train comme du bétail, ni pourquoi eux, pourquoi leurs amis, leurs voisins, leur famille. « Salauds de juifs... ! » entendait parfois l’enfant, invectives mauvaises persifflées par des formes sombres, de l’autre côté des palissades, ce simple mot effaçant tout ce qu’ils avaient jamais pu  être : des citoyens allemands, des hommes, des femmes, des êtres humains. Et sur son cœur, l’étoile jaune que sa mère avait été contrainte de broder sur chacun leurs vêtements rappelait à quel point l’humanité était capable des pires crimes, aveuglée par sa propre folie, sa soif de sang. Parfois, Erik percevait le gémissement de quelqu’un éclatant en sanglots, pleurs prestement étouffés par un proche l’exhortant à se tenir tranquille, à ne pas attirer l’attention. Ces gens, tous ces gens privés de leur foyer, de leurs biens, de leur dignité. Alentour, depuis la porte de baraquements sordides, des cadavres décharnés, avalés par les ombres, suivaient mélancoliquement leur arrivée, conscient, oh si cruellement conscient du sort qui serait réservé à tellement d’entre eux. On ne sortait pas vivant du camp, pas lorsqu’on avait commis le crime de pratiquer une religion condamnée par l’Allemagne nazie. Cela, le jeune garçon l’ignorait, inconscient de l’horreur qui les attendait, de leur mort prochaine, industrielle, mathématique. Il n’était qu’un enfant, un innocent, une âme de plus parmi les damnés de cette ère la plus sombre de l’Histoire.

Brusquement, un mouvement de foule le tira de son affliction résignée : une autre voie avait été ouverte par les Kapos, qui à coups de crosses et d’injures, exhortaient les captifs à l’empreinter. Emporté par le flot d’anonymes, il fut séparé du groupe, sa main lâchant celle de sa mère. Une terreur indicible s’empara de lui, alors qu’animé d’une énergie du désespoir sans précédent, il se jetait à corps perdu dans une lutte contre ce courant humain qui s’opposait à lui, voyant inexorablement se refermer sur son être le plus cher une lourde porte de bois bardée de métal. Se débattant comme un beau diable, chaque mètre gagné arrachait à sa poitrine à ahanement désemparé, car pour une si courte distance conquise, il reculait d’autant la seconde suivante, dans l’indifférence générale, l’incompréhension de tous. Tout, plutôt que de la perdre. Tout.

Alertés par l’agitation générée par sa résistance, deux soldats sortirent du rang avant de l’empoigner, lui hurlant d’arrêter de se débattre. Mais Erik ne pouvait lâcher prise, refusait de le faire, d’accepter de l’abandonner. À coups de pieds et de poings, farouchement, les yeux brûlants de larmes, il tenta encore et encore de se dégager, si profondément bouleversé qu’il ne perçut pas la naissance d’une onde dévastatrice de ressentiment u creux de son être, qui peu à peu le submergea au point de l’habiter tout entier. Ces hommes ne le sépareraient pas de sa mère, ni maintenant, ni jamais. Ils auraient beau s’acharner, toute leur armée se joindre à eux pour tenter d’aller à l’encontre son ardeur, rien ne suffirait à vaincre cette hargne qui l’animait à présent, née d’une alarme aussi violente qu’inédite. Mais il n’avait aucune chance… Dans un dernier geste, un ultime cri de rage, sa main se tendit vers sa mère, vers ce visage ravagé d’accablement, vers cette femme qui était tout pour lui et qui, entraînée au loin, lui échappait plus que jamais.

Tout bascula lorsque l’impensable survint. Entraînés par une force invisible, les gardes qui le maintenaient dérapèrent dans la bourbe, entraînés malgré eux sur plusieurs mètres. Sous leurs yeux horrifiés, la grille se courba dans la direction de cette main tendue à l’extrême, de ce corps malingre respirant la vengeance. Dépassés, effarés, tous ne pouvaient qu’assister au phénomène hors du commun en témoins impuissants, et ce avant que la crosse d’un fusil ne s’abatte sur le crâne du garçonnet, l’atteignant en pleine tempe. Les ténèbres l’engloutirent, et sa dernière pensée lucide fut pour la pluie, cette pluie interminable qui ruisselait sur son visage comme autant de larmes versés par les cieux en détresse.

Erik reprit conscience sur le sol d’une cellule en béton, vraisemblablement utilisée en tant que mitard, et où ses geôliers l’avait jeté sans plus de procès avant d’aller quérir auprès de leurs supérieurs la marche en suivre en cas d’insubordination aussi… Inhabituelle. Du moins ce fut ce que supputa le jeune juif lorsque la porte s’ouvrit sur un nouveau binôme portant l’uniforme de la Wehrmacht, venu le tirer de sa brève retraite solitaire. Du haut de ses treize ans, il ne put saisir que quelque chose clochait, car comment un enfant juif aurait-il pu savoir que les camps de la mort constituaient la chasse gardée de la Schutzstaffel, et non celle de l’armée du Reich ? Tout n’était à ses yeux qu’uniformes, destin scellé, absence de toute échappatoire possible. Il n’aurait pu deviner que l’homme dans le bureau duquel il fut escorté, à la fois avec rudesse et dégoût, n’avait rien d’un bureaucrate ordinaire, loin de là. Avec une politesse paternaliste, le docteur Schmidt salua le garçon, le félicita pour sa prestation dans la cour… Et l’enjoignit à réitérer le quasi miracle ayant plié à sa volonté le métal du barrage. Et quelle meilleure motivation que la survie de sa très chère génitrice ? La malheureuse, tétanisée, pénétra dans la pièce, solidement encadrée elle aussi par ses bourreaux, pour devenir l’objet d’un effroyable chantage : si le petit prodige parvenait à mouvoir une pièce d’argent frappée de la croix gammée, elle vivrait. Sinon… Les trois prochaines secondes seraient les dernières qu’elle vivrait en ce monde. Tétanisé d’effroi, Erik chercha un appui du côté de la prisonnière : celle-ci, par maintes prières étranglées, l’encouragea à bouger la pièce, le pria de tout son cœur de le faire, mais son fils ignorait autant qu’elle comment il avait réussi la première fois à animer cet étrange pouvoir auparavant en sommeil. Pourtant, il essaya, il tenta de toutes ses forces de provoquer un mouvement, ne serait-ce qu’imperceptible du pfennig, qui demeurait malgré ses efforts éperdus irrémédiablement immobile. Bras tendus vers ce morceau de métal duquel dépendaient deux vies humaines, Erik fit tout ce qui était possible pour satisfaire l’ultimatum imposé par Schmidt : tremblant de fébrilité, mâchoires contractées au point d’en faire danser devant ses yeux le halo fantomatique de lumières blanchâtres, il appela la force l’ayant habité pour qu’elle refasse surface, la supplia de se manifester et de sauver sa mère. Il pria de toute ses forces pour que le Dieu qu’on lui avait appris à adorer et qui désormais se trouvait conspué par le régime le plus despotique ayant jamais existé lui vienne en aide, lui montre la voie à suivre pour accomplir ce qu’on attendait de lui.

Mais la pièce ne bougea pas.

Les trois secondes prirent fin.

Un unique coup de feu retentit dans le bureau, suivi du son mat d’un corps sans vie heurtant lourdement le plancher.

Il n’existe aucun mot pour décrire les sentiments qui s’emparèrent d’Erik à cet instant. Quand il se retourna mécaniquement, la gorge nouée par un pressentiment avéré qu’il n’arrivait à admettre, et que ses yeux se posèrent sur la dépouille de la personne qu’il avait aimée plus que tout sur cette terre, une violence inouïe, née d’une détresse sans fond, le dévora tout entier, alors que dans un hurlement de souffrance et de fureur, sa capacité déferlait dans ses veines, broyant les casques des fantassins autour de leurs crânes ridiculement fragiles, et réduisant en champ de bataille le laboratoire attenant par un maelström d’objets métalliques devenu exutoire à la douleur insoutenable lui vrillant le cœur. Quand le paroxysme retomba, et que son cri s’éteignit, tari par un souffle lui manquant ainsi que par sa voix brisée, il ne lui resta plus que la certitude d’être seul au monde, dépossédé de tout ce qui avait jamais pu constituer sa vie d’avant.

Tête basse, le corps secoué de sanglots, il sentit une main se poser affectueusement sur son épaule.

Félicitations, Erik. Toi et moi, nous allons réaliser de grandes choses. De très grandes choses.




Erik Magnus Lehnsherr. Max Eisenhardt. Prisonnier numéro 214782. Il avait été tellement de personnes depuis son internement auprès du docteur, tellement de choses aussi. Jouet humain abandonné entre les griffes de ce savant fou se voulant père de substitution pour son cher petit protégé, il avait subi tant de traitements et d’expériences afin de déterminer puis de repousser les limites de ses facultés qu’il s’en était perdu lui-même. La douleur physique et mentale, la solitude, le mensonge, tout cela avait rempli la coquille vide que l’Allemand était devenu avec le temps, voué à servir de rat de laboratoire au docteur qui s’était aucunement lassé de lui, au contraire. Schmidt avait découvert en lui une arme idéale, un potentiel inédit que lui seul saurait élever au rang de chef d’œuvre. Mais pour cela, il avait fallu l’épurer du superflu, lui arracher ce qui entravait la pleine et entière expression de son talent unique en son genre. La souffrance et la colère, telles étaient les deux cordes à faire jouer afin de laisser libre cours à sa puissance, et son mentor s’employa à les sublimer à chaque coup de scalpel, à chaque torture intellectuelle. La perfection ne s’atteignait que dans les affres de la peine sous toutes ses formes, un prix qui lui fut imposé pour atteindre le niveau de contrôle nécessaire permettant d’atteindre la maîtrise toujours plus poussée de cette chose en lui qui lui avait coûté sa mère, son existence, son âme. On lui enseigna l’art de la stratégie, le combat au corps-à-corps, l’utilisation des armes blanches, plusieurs langues étrangères, ainsi qu’une dépendance morale à son tortionnaire suprême, le seul capable de le comprendre vraiment.

Mais Erik n’avait pas oublié. Et lorsque le convoi qui en avril 1945 aurait dû le conduire jusqu’à la nouvelle base du docteur fut intercepté par les Alliés, le jeune homme ne songea à aucun moment à s’en prendre à l’escouade qui mit en déroute son escorte. Pourquoi l’aurait-il fait ? Les temps avaient changé, l’Europe nouvellement libérée venait de déchirer le voile de l’ignorance, le précipitant avec une aveuglante clarté dans une réalité que son isolement programmé avait tenu éloigné de lui durant toutes ces années. La voilà, sa chance d’enfin reprendre les rênes de son destin. Ne cherchant pas plus loin la raison expliquant qu’un adolescent ait été transporté en camion sous la surveillance d’un contingent de soldats, les Anglais qui l’avaient par le plus pur des hasards ou l’acte providentiel le plus inespéré délivré du joug de Schmidt l’avaient ramené à leur camp de base, le pensant membre d’un quelconque mouvement de résistance. Mutique, il n’avait soufflé mot, faisant mine de ne pas comprendre leur langue, quoi que ses yeux et ses oreilles ne manquèrent pas une miette de ce qui se passait autour de lui. Ainsi, le IIIème Reich se mourrait. Les camps de la mort avaient été découvert, et les horreurs qu’ils avaient renfermées révélées au grand jour. La reddition définitive de l’Allemagne nazie n’était plus qu’une question de semaines, avant que les troupes alliées et les Russes ne se rejoignent à Berlin, entérinant la défaite d’Hitler ainsi que la fin de six années de dictature sanglante. Bientôt, l’heure serait à la joie et à la fête, couronnée par la liesse de sortir enfin d’un long et pénible cauchemar, des plaies encore à vif à panser, mais au moins avec la certitude qu’un jour, la cicatrisation se terminerait.

Erik ne pouvait guérir, pas plus qu’il ne pouvait oublier.  Les chiffres gravés sur son bras ne le laisseraient jamais en paix, eux qui ne pouvaient pas non plus s’effacer : aux plus noires heures de la nuit, le rescapé avait fuit la tente qui avait été mise à sa disposition, disparaissant dans les ombres et le vaste monde. Sa vengeance commencerait à cet instant précis.
Son pays en ruine n’avait eu que peu de ressources à lui offrir, mais malgré tout, il était demeuré en RFA jusqu’à ses vingt ans, vivant de petits boulots un peu partout pour avoir de quoi subvenir à ses modestes besoins, et surtout lui permettre de mener à bien ses recherches. Deux années supplémentaires lui avaient été nécessaires durant lesquelles, parti de rien, il remonta toutes les pistes qu’il put trouver concernant les nazis ayant échappé à la justice, et a fortiori Schmidt. Les procès de Nuremberg avaient amorcé une dynamique qui avait trouvé un farouche écho en lui, celui de faire payer à tous ceux ayant jamais porté la croix gammée les crimes que sous un nouveau nom, parfois un nouveau visage, ces mécréants en cavale tentaient de cacher. Il fallait qu’ils paient. Tous. Jusqu’au dernier.

Le premier nazi qu’il tua le supplia de l’épargner, pourtant devant lui comme devant les suivants, Lehnsherr demeura de glace. Il y avait bien longtemps que la mort ne le rebutait plus, lui qui avait été contraint d’assister à l’assassinat de tant de ses frères et sœurs juifs, envoyés aux chambres à gaz comme autant de bestiaux à l’abattoir. Pour lui faire réaliser à quel point son protégé se trouvait chanceux, ç’avait été en compagnie de pareils hommes que son tuteur l’avait envoyé dépouiller les corps avant le four crématoire, arracher dents en or et bijoux transmis de générations en générations des restes encore tièdes de ses semblables. Cet uniforme, que ses cibles avaient brûlé ou enterré, Erik l’avait porté, et en éprouvait encore le violent dégoût. Quand bien même l’Allemand aurait-il encore été capable d’éprouver de la pitié, il ne leur aurait pas accordé pareille grâce. De telles créatures ne méritaient que la mort… Une sinistre rengaine qui masquait une question terrible : quel sort aurait dû alors se voir réservé à la création de pareils monstres, à présent débarrassée de ses chaînes ?

L’or et les trésors de guerre des pires rebuts de l’humanité lui avaient servi de fonds afin de traquer toujours plus assidument les anciens officiers ayant réussi à passer entre les mailles du filet. Bientôt, de fil en aiguille, de ratures en ratures sur la longue liste de noms née de son travail minutieux d’investigation, le chasseur s’enhardit, voyageant à travers toute l’Europe à la recherche de membres de la werwolf disparus derrière les lignes, puis traversant l’océan pour aller débusquer ses proies en Amérique latine, sanctuaire de choix pour ces dignitaires de l’ancien régime désireux de se racheter une nouvelle vie loin de tout soupçon. Mettre une étendue d’eau salée entre eux et un des meilleurs tueurs de nazis ayant jamais vécu ne serait pourtant qu’une vaine tentative de survie.

Voilà donc l’enchaînement de faits connus de lui seul qui avait amené Lehnsherr jusqu’à cette chambre d’hôtel de San Carlos de Bariloche, dans la province de Río Negro : à quelques kilomètres de là, dans un charmant chalet au bord d’un lac qu’on aurait cru à s’y méprendre avoir été importé depuis le Lac Léman, trois corps baignaient dans leur propre sang, abandonnés là sans plus de fioritures par ses propres soins. Quelle ironie, que ç’eut été un banquier suisse l’ayant aiguillé sur la piste du bon docteur Schmidt qui l’eut amené là-bas, non sans avoir fait quelques manières à propos de la légendaire discrétion inhérente à leur profession… En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’était que le rond-de-cuir avait tenu parole : personne ne s’était attendu à sa visite, et personne ne les avait dérangés lors de leur anodin badinage. À l’heure qu’il était, le soleil ne dessinant plus qu’une frange orangée à la cime des crêtes enneigées, il était possible qu’un randonneur ait trouvé les dépouilles et appelé la police, après tout. Les autorités allaient grandement s’amuser à tenter de reconstituer la scène… Et d’expliquer comment un Luger p08 avait bien pu se retrouver au milieu de ce carnage. Enfin… ça les regardait. Erik, pour sa part, avait une nouvelle destination, inscrite sur une photographie décorant l’auberge qui, il fallait bien l’avouer, avait fait remonter à la surface de vieux démons. Schmidt, ou devrait-on dire Sebastian Shaw, n’avait pas tant changé que cela : toujours le même regard orgueilleux, le même sourire assuré. Ses traits demeuraient identiques à ceux gravés dans la mémoire de sa créature, à présent plus que jamais proche de toucher au but. Dans un port, quelque part, un bateau baptisé Caspartina n’attendait plus que lui pour célébrer de sanglantes retrouvailles.


Rien ne se passa comme prévu. Tout avait pourtant été calculé au détail près : la distance à parcourir en apnée, le moyen de monter clandestinement à bord, le chemin à prendre pour gagner la moindre pièce du yacht. Malgré cela, toute cette préparation, cette volonté de fer que ni le temps ni le sang versé sur l’autel de la revanche n’avaient réussi à amoindrir, il avait échoué. Et alors que les eaux noires de la baie se refermaient sur lui, Erik tenta le tout pour le tout. Détruire le navire n’avait pas suffi, Shaw était trop bien protégé par ses sbires, une femme à la tenue immaculée qui d’un regard l’avait jeté à terre, la tête enserrée dans un étau insoutenable, la conscience torturée de réminiscences plus insupportables encore. Passé par-dessus bord, il avait laissé sa haine prendre le contrôle, son pouvoir déchaîné soulevant l’ancre de la Caspartina pour mieux en enserrer la coque et la briser avec autant d’aisance d’une brindille. Mais Sebastian lui échappait encore, bien à l’abri dans un sous-marin l’entraînant paisiblement vers les profondeurs, et c’était inacceptable. Qu’importait le froid des abysses menaçant de lui faire perdre connaissance, qu’importait l’oxygène se raréfiant dans ses poumons. Il ne lâcherait pas, jamais, à aucun prix.

Un sursaut de surprise le secoua lorsque des bras se refermèrent autour de lui,  membres appartenant à un corps qui tentait de le tirer vers le haut, vers la surface. Un homme voulait le soustraire à sa vengeance, comment donc…?! S’entêtant, l’Allemand essaya de plus bel de retenir le sous-marin, de le suivre plus avant encore vers le fond de la mer… Jusqu’à l’instant qui le marquerait à jamais, où une voix retentit entre les parois de son crâne, apaisante, lumineuse, veloutée. Il fut si saisi par cette présence qu’il en lâcha prise, se laissant ramener vers l’air qui lui manquait tant. Charles Xavier venait d’entrer dans sa vie, en mettant fin à une mission suicide tout en lui révélant l’existence d’autres êtres d’exception qui comme lui défiaient les lois du sens commun, les mutants.

L’un comme l’autre ignoraient à quel point cette rencontre leur serait fatidique.




Fraîchement entré en tant que consultant à la CIA –du moins était-ce ainsi que nous pouvions résumer très succinctement et avec beaucoup d’inexactitude la situation-, Charles se trouvait également à la poursuite de Shaw. Ce dernier avait en effet planifié de déclencher avec les autres membres du groupuscule de mutants qu’il avait fondé, le Club des Damnés, un troisième conflit mondial, qui écharperait les deux blocs s’opposant au cœur de la Guerre Froide. Aidé par l’agent Moira MacTaggert, mais également secondé de sa sœur adoptive et d’Henri MacCoy il comptait mettre un terme aux agissements du terroriste, but tout à fait louable qui à lui seul aurait suffi à Erik pour rejoindre leur équipe. Mais il y avait plus, tellement plus. Jamais Lehnsherr n’avait rencontré une personne comme lui. Son pouvoir de télépathie le rendait unique, c’était indiscutable ; cependant, c’était bien son tempérament qui l’étonnait le plus, empreint de bonté et de philosophie, ainsi que d’une intelligence tout bonnement stupéfiante. Leur amitié grandit sans même qu’il ne le réalise tout à fait, lui qui n’avait eu jusqu’à présent que ses propres démons et sa solitude pour unique compagnie. Rapidement, on put reconnaître en leur équipe un tandem de choc, le cœur-même de la Division X, de par l’importance de leurs capacités, mais également par le soutien que chacun était assuré de trouver en l’autre. Ensemble, et grâce au Cérébro, ils écumèrent le pays à la recherche de jeunes mutants à enrôler dans la Division : dans un bar de strip-tease, une prison de haute sécurité, un aquarium ou un taxi new-yorkais, leurs pas les menaient vers ce qui deviendrait un jour l’Ecole Xavier. À leur quatuor de base s’ajoutèrent donc Angel Salvadore, Alexander Summers, Armando Muñoz et Sean Cassidy, comme autant d’élèves à guider, comme Erik l’avait été lui-même par Charles, ce cher et indispensable Charles.

Malheureusement, leur ennemi s’avérait particulièrement pernicieux. S’en prendre en URSS à Emma Frost, la femme de diamant capable elle aussi d’infiltrer les esprits, fut une opération à hauts risques, dans laquelle le professeur n’abandonna pas son ami, pourtant enivré par les sirènes de la vengeance. La tuer elle ne les aurait avancés à rien, même une fois ses précieux secrets arrachés… L’envie de le faire l’avait néanmoins empoisonné, au point de manquer de l’étrangler avec les barreaux d’un lit où la superbe jeune femme avait séduit un haut dignitaire de l’Armée Rouge. Il fallut bien à Xavier toute la force de sa probité pour que se desserrent autour de la gorge devenue translucide de l’espionne les liens mortels qu’avait créé son équipier, un bref instant aveuglé par son ressentiment. Oh, si seulement ils avaient compris… S’ils avaient pu sentir que la première fissure venait de se créer, invisible plaie initiant une indiscernable gangrène qui aurait raison d’eux…

Impossible de la suspecter, pas dans le tourbillon qui les happa dès leur retour aux Etats-Unis. Comme s’il avait deviné leurs intentions quant à la Reine Blanche, le leader du Club des Damnés avait profité de leur absence pour les frapper en plein cœur, en s’en prenant à ce qu’ils avaient de plus cher : leurs élèves. La base que la CIA leur avait allouée à leur retour n’était plus que ruines éparses, regrets acides, abattement amer. Armando avait été tué, Angel avait rejoint l’ennemi, et les faits ne trompaient pas : sous-entraînés, ils n’avaient pratiquement aucune chance contre Shaw et ses séides depuis longtemps aguerris à l’utilisation de leur don. Tout aurait pu sembler perdu… Mais Erik ne connaissait pas ce mot, pas plus qu’à l’époque il n’avait accepté de baisser les bras quand retrouver son bourreau avait paru irréalisable avec le peu de moyens alors à sa disposition. Ils vengeraient leur frère, et empêcheraient cette guerre, car ils étaient les seuls en mesure de le faire. Xavier, approuvant l’idée, leur ouvrit les portes de son Manoir, confortablement perdu au cœur du Comté de Westchester, une sublime demeure aux allures de château idéale pour s’entraîner en toute discrétion. Les membres de leur équipe commencèrent donc un intensif travail sur leurs capacités, et sur eux-mêmes, dans une ambiance à la fois studieuse et bon enfant, comme au sein une famille soudée. L’entraide constituait le maître mot, et Charles plus que jamais cimentait leur groupe, lui qui avait un mot d’encouragement pour chacun, un sourire chaleureux pour tous. L’Allemand, qui comptait malgré tout parmi le corps encadrant de leurs recrues inexpérimentées, n’échappa pas à l’exercice. Certain que la colère mêlée à la douleur ne mènerait le mutant qu’à sa perte, son ami lui assura qu’une autre voie était possible, que son pouvoir n’en serait que plus grandiose… Un cadeau insignifiant cependant en comparaison d’avec le souvenir qu’il éveilla en lui, l’image d’un tendre passé ayant appartenu à une autre vie, celle où l’innocence et le bonheur avaient encore été possibles. Bouleversé au plus profond de lui-même, Erik en était à présent convaincu : il n’existait et n’existerait jamais aucun être capable d’égaler Charles Xavier, le seul véritable ami qu’il se connaitrait, la seule personne qui connaîtrait le moindre de ses secrets, la moindres de ses plaies. Il n’en avait pas peur, non, il ne se sentait ni dépouillé ni violé : nul besoin de mystère ou de défenses acérées avec lui, il pouvait en toute confiance enfin s’ouvrir, se reposer sur quelqu’un qui le comprenait mieux que personne. L’admiration de Charles, sa douceur, sa sagesse le mettait à nu, lui montrant qu’il avait encore un cœur sous son armure, et qui se révélait capable de battre.

Cela resterait son secret. Jamais Lehnsherr ne lui confia à quel point ce moment sur la terrasse, face à l’immense parc de la demeure, l’avait transformé. Peut-être aurait-il dû, après tout. Le temps filait si vite, et les heures heureuses connaissaient trop vite leur achèvement. Au Manoir, les choses se complexifiaient lentement, sous le coup d’idéologies contraires, tandis que de petits noyaux se créaient, le professeur X se rapprochant de Moira, et Erik de Raven. Cette dernière représentait tout ce que le maître du magnétisme souhaitait voir disparaître : la honte d’être différente, la volonté quasi maladive d’entrer dans un moule imposé par la peur sans nom d’une espèce qu’il considérait de plus en plus comme irrémédiablement inférieure à la leur. Il devint pour elle le centième de ce que représentait Charles à ses yeux : un guide duquel s’inspirer afin que leurs particularités génétiques cessent de constituer un fardeau, pour se muer en force. Séduite autant par ses idées que par son charisme, la jeune femme commença de céder progressivement à l’appel de la rébellion, ce qui ne fut pas sans causer quelques heurts entre le frère et la sœur de cœur. Après tout, quelle famille ne se connaissait pas quelques menues tensions de temps à autres ?

Sauf qu’ils n’étaient pas une vraie famille. Charles le désirait, Erik en avait viscéralement besoin, mais le monde ne leur en accorderait pas la faveur.




Rage et sérénité. Alors que sous ses yeux extatiques se soulevait dans les airs un sous-marin de plusieurs tonnes, le mutant réalisa à quel point son ami et mentor lui avait insufflé une maestria sans limite, que le Roi Noir en son temps, armé de ses instruments de torture et de ses privations, n’aurait jamais pu rêver obtenir de sa part. Esprits joints jusqu’à la dernière minute, ils échouèrent Sebastian et son équipage sur la grève, dans un fracas d’alliages violemment déformés, contrecarrant ainsi leur plan diabolique. Leur appareil gravement endommagé, ce ne fut pas en vainqueurs mais bien en frôlant la catastrophe qu’ils se crashèrent sur l’île, prêts à livrer leur ultime combat. Il n’était plus temps de tergiverser, d’hésiter sur la marche à suivre : leurs opposants, eux, ne réfléchiraient pas à deux fois avant de les éliminer les uns après les autres. Sans compter que Shaw était à lui. Et que pour rien au monde, pas même la profonde et sincèrement partagée amitié qui le liait à Charles, l’Allemand ne laisserait son bourreau survivre à cette journée.

Ne comptant plus que sur lui-même, il s’enfonça dans les entrailles du monstre de métal et fit ses adieux au plan initial voulant ramener Shaw en vie aux autorités compétentes –quelles autorités ? face à un tel pouvoir, rien au monde n’aurait pu l’empêcher de nuire-, autant qu’à toute chance de pouvoir un jour rentrer la tête haute au Manoir. Charles tout comme lui avaient conscience que si Lehnsherr initiait un duel entre lui et sa Némésis, il n’y aurait plus aucun retour en arrière possible. L’un des deux mourrait sur cette plage, aucun doute de subsistait là-dessus, de même que sur les motivations qui avaient depuis le début animé le bras droit du professeur. Le pacifisme, avec ce genre d’homme, ne revêtirait aucune utilité, et cela tombait bien, car il n’avait rien d’autre à offrir à son ancien tortionnaire que ce que ce dernier lui avait enseigné : de la haine, et de la souffrance.


Les lueurs bleues qui les nimbaient au cœur du réacteur accentuèrent son début de migraine. Exténué, à terre, quelques mèches de ses cheveux bruns collées de sueur à son front et le regard perdu dans le vague, Erik retrouvait cette voix qui enfant avait failli le faire basculer dans un syndrome de Stockholm qui aurait eu raison de lui. Un ton caressant, empli de de tendresse malsaine ainsi que d’une possessivité vénéneuse, étouffante, une présence proche, si proche de lui… Un rappel incessant de sa place, si inférieure à la sienne, de son rang de suiveur juste bon à revenir auprès de lui, son créateur, son seigneur et maître, main nourricière tout autant que punitive. N’avait-il pas échoué en cherchant à le battre ? Sebastian devenait plus fort à chaque coup, à chaque rafale d’énergie magnétique, sa chose n’avait aucun espoir de venir à bout de son adversaire...

Du moins le croyait-il. De l’eau avait coulé sous les ponts depuis l’époque où, perdu et tremblant devant son bureau à Auschwitz, Erik s’était résumé à sa marionnette dénuée de volonté propre. Son geôlier lui avait enseigné tant de choses si précieuses, de vérités désabusées qui l’avaient façonné tel qu’il était à présent. Charles lui avait conféré la confiance nécessaire pour ne plus se plier à son aura écrasante ; ne restait plus qu’à prendre le contrôle de son destin, enfin débarrassé de ce fantôme hantant chaque instant de sa vie depuis ses treize ans.

Profitant du laïus paternaliste de Shaw, Erik anima deux câbles qui, sans que le terroriste ne le réalise, s’emparèrent du casque le protégeant de toute attaque mentale, permettant ainsi à Charles de l’immobiliser à distance. Il aurait pu en rester là, oh, il aurait tellement pu. Sourd aux appels mentaux l’exhortant à la clémence que lui adressait inlassablement Xavier, il le sentait au plus profond de lui : le moindre de ses pas, la moindre information parcellaire qu’il s’était acharné à trouver, tout ce qu’il avait bien pu endurer l’avait conduit à cet instant précis, à cette opportunité qui ne constituait pas moins que la clé de voûte de toute une existence sans cela vide de sens.

Une excuse destinée à celui qu’il allait perdre sans doute à jamais, avant de revêtir le casque qui empêcherait ce dernier de l’arrêter. Et une promesse : celle de compter jusqu’à trois avant de faire bouger la fameuse pièce que Shaw lui avait offert des années auparavant, après avoir fait exécuter sa mère sous ses yeux. Cette fois, Erik serait à la hauteur.
Il ne put entendre le hurlement de douleur qui déchira la poitrine de Charles, alors que ce dernier, lié à l’esprit du supplicié dont la tête se trouvait transpercé de la pièce, ressentait chaque once de son calvaire : trop loin, trop dédié corps et âme à sa vengeance, Lehnsherr accomplissait la destinée qu’il s’était choisie, quitte à condamner un avenir qui aurait enfin pu être pacifié.

Le cadavre de Sebastian chut sur le sable, à la vue de tous, scellant le sort du Club des Damnés, tandis qu’au large, l’US Navy s’apprêtait à faire feu, bombardant d’une pluie de missiles la grève où ils se tenaient tous côte-à-côte, ennemis d’hier à présent soumis à la même menace. Etait-ce donc un monde tel que celui-ci qu’ils désiraient ? Etait-ce acceptable d’être traités avec tant d’agressivité alors qu’ils venaient d’éviter à la planète de sombrer dans un gouffre insondable ? Il fallait que ça cesse, et Erik se proposait de régler cela séance tenante, pour mieux envoyer un message clair aux humains. La myriade d’engins explosifs, lancée depuis les croiseurs, porte-avions et autres vaisseaux de guerre fermant hermétiquement l’horizon, se stoppa à une dizaine de mètres à peine du sol, à présent sous le contrôle du mutant. Lentement, elles se réorientèrent en direction de leur point de départ…

Charles ne laisserait pas ce carnage se produire. Erik aurait dû le prévoir, le sentir : ces hommes ne faisant que « respecter les ordres », Xavier aspirerait de tout son être à les sauver, quoi qu’il puisse arriver. Se jetant sur lui, il tenta en vain de lui arracher son casque : fort de son entraînement militaire, son vis-à-vis le maîtrisa sans grand mal, frappant encore et encore ce visage qui autrefois avait été empreint de tant de compassion à son égard. Son souhait n’avait jamais été de lui faire du mal, seulement le riche héritier ne lui laissait pas d’autre choix que d’avoir recours à la violence, et d’abandonner les rênes à son ire. L’agent MacTaggert dégaina son arme, dans une tentative désespérée quoi que résolue de troubler sa concentration et d’empêcher le pire ; son pouvoir plus que jamais acéré repoussa chaque projectile avec une hargne non dissimulée, et ce jusqu’à ce qu’un balle perdue n’atteigne Charles à la colonne vertébrale.

Charles, qui s’écroula, les traits crispés de douleur.

Charles, qu’il crut avoir tué.

Son unique ami, la seule personne qu’il avait cru pouvoir protéger contre une société dont elle ne suspectait pas l’étendue de son intolérance. Le seul qui l’avait accepté tel qu’il était, imparfait et au passé écrasant, le premier pour qui après la disparition tragique de sa mère il avait ouvert son âme, et était prêt à tout donner, sans restriction aucune.

Une peur identique à celle qu’il avait éprouvé enfant lorsque le portail grillagé s’était refermé sur sa génitrice lui coupa le souffle, alors que dans une glissade, l’Allemand plongeait auprès de lui pour lui porter secours, inconscient du fait que le retourner puis arracher la balle de son corps ne ferait qu’aggraver les choses, et causer le pire.

Tout cela était de la faute de cette femme. Oh, comme la fureur constituait une échappatoire illusoire quoi que salvatrice à la peine sans nom qui le taraudait… C’était si simple, de penser Moira responsable, de serrer autour de son cou le collier de métal portant sa plaque d’identité militaire, et de souhaiter la voir mourir, là, sous ses yeux, lentement, douloureusement. Mais même cela, Charles le lui ôta. Le seul fautif n’était autre que lui-même, et le cœur en loques, Erik le vit briser le peu qui avait survécu à ses propres erreurs impardonnables. Il avait espéré, si follement, que cet être d’exception finirait par se rendre compte de la réalité, et par accepter de continuer sur le même chemin que lui, un sentier difficile, mais où le fait d’être ensemble aurait allégé leur croix. Espéré, et désiré, de toute la force d’une supplique muette dont son regard embué de regrets fut le messager silencieux. Alors, c’était fini. Erik l’avait perdu, comme il avait perdu près de vingt ans auparavant l’essence-même de son existence. Il n’y avait rien à changer, rien à réparer : des décisions irrévocables avaient été prises, et le glas de leur symbiose venait de retentir. Le monstre créé par Shaw ne connaîtrait jamais d’absolution, quoi qu’il ait cru brièvement être capable changer, mais ça n’avait été qu’une chimère de plus. Pour sauver ses frères et sœurs mutants, il devrait renoncer au peu revêtant encore de la valeur pour lui, sacrifice sur l’autel de la survie de millions, là où un seul d’entre eux cheminerait avec une moitié manquante de son cœur.
Ainsi soit-il.

Abandonnant Charles aux bras aimants de ses amis, Erik disparut dans un vaporeux nuage de fumée écarlate, emmenant avec lui les reliquats du Club des Damnés ainsi que la jeune Mystique, bien décidée à suivre les pas de celui qui lui avait ouvert les yeux sur sa condition.

Nous étions le 14 octobre 1962, la Confrérie venait de naître.

Magneto débutait son règne tandis que l’humanité d’Erik, elle, retournait dans les limbes.




Son regard couleur acier s’abima dans la contemplation de la calme étendue d’eau reposant à ses pieds, environnée d’une inextricable forêt de résineux mêlés d’érables et de bouleaux. L’escarpement rocheux sur lequel il s’était installé lui offrait un panorama majestueux sur les alentours, le silence seulement troublé par les bruits de la nature, tel que le vent dans les feuilles, ou le lointain affairement d’un quelconque animal sauvage. À plusieurs dizaines de kilomètres de là se trouvait la frontière américaine, passée laquelle il lui faudrait encore cheminer quelques temps avant de retrouver la base souterraine où la Confrérie nouvelle-née avait élu domicile. La fin du moins d’octobre de l’année passée avait vu se conclure ce que les livres d’Histoire appelleraient la « crise des missiles de Cuba », une énième preuve de l’aveuglement des humains quant à l’existence des mutants. Combien de temps encore, avant qu’une étincelle ne mette le feu aux poudres ? Difficile de l’estimer, quoi que malgré tout, Magneto se tînt prêt, de jour comme de nuit, à faire face à ce conflit qui surviendrait tôt ou tard. Libérer Emma Frost n’avait été qu’un début, les rangs de ses fidèles croitraient bientôt rapidement, dès que son groupe commencerait à se faire connaître. Pour l’heure, le miroir immobile du lac l’apaisait, mettant plus que jamais en valeur sa détermination aussi inébranlable que le granite, aussi implacablement tranchante que le fil d’un rasoir.

Cette étincelle qui ferait tout basculer, ce pourrait bien être lui.



Et twa ?
Un petit nom ? Un peu mon neveu, moi c’est Marie, enchantée
Tu as combien de balais ? 21 en décembre
Tu fais quoi quand tu ne traines pas dans le coin ? Je traîne ailleurs 8D et je suis mon stage de 5 mois à La Haye.

Tu es arrivée comment ici ? Il paraît que Charles se sentait bien seul sans son Erik…
Et le coin tu le trouves comment ? Grâce à mes favoris google *pan* Très sympa, j’espère bien remotiver les gens à venir chez les Rouges **
Tu comptes passer régulièrement ? Jusqu’à fin janvier, j’occupe mes journées au bureau avec le rp, activité soutenue que malheureusement je ne pourrai conserver à la rentrée, selon toute vraisemblance. J’ignore encore la charge de boulot qu’on aura, j’imagine que de toute façon les week-ends seront ma plage de temps libre principale.

Un dernier petit mot à nous dire ? Hâte de vous croiser en rp mes petits  


Dernière édition par Erik M. Lehnsherr le Sam 25 Avr - 17:45, édité 12 fois
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Charles F. Xavier
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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mer 22 Oct - 12:08
Bienvenue !


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Salut toi What a Face

Tu as 7 jours pour terminer ta fiche, si tu as la moindre question, le moindre doute n'hésite pas à contacter l'un des membres du Staff, nous serons ravi de t'aider.
Je te conseilles aussi d'aller faire un tour sur le Guide des Débutants pour t'aider dans la conception de ta fiche

Bon courage pour ta fiche !





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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mer 22 Oct - 12:18
Salut toi toi même What a Face


( ♥️ )



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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Ven 24 Oct - 9:16
Bonjour Erik ^^
Bienvenue parmi nous et bon courage pour ta fiche
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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Ven 24 Oct - 16:45
Merci Remy



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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Ven 24 Oct - 17:59
bienvenue ^^
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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Ven 24 Oct - 20:20
Merci demoiselle ^^



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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Ven 24 Oct - 20:52
de rien Jeune Homme ^^
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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Sam 25 Oct - 19:37
J'dois avoir du métal sur moi, j'ai pas pu m'empêcher de me sentir attiré vers cette page pour te souhaiter bienvenue Wink
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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Sam 25 Oct - 22:02
C'est normal Adam, mon aura est... Magnétique Razz


(soyez prévenus, je touche un euro à chaque fois que j'arrive à caser cette blague nulle, vous savez donc à quoi vous attendre )


Merci beaucoup !



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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mar 28 Oct - 12:44
Bienvenuuueeee
Bon courage pour ta fiche !
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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mar 28 Oct - 13:34
Merci ma Mystique


L'histoire est pratiquement terminée, ça sera prêt dans l'après-midi ^^



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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mar 28 Oct - 19:02
Validation


Félicitations
Mon keupain What a Face C'est perfect,
C'est donc avec plaisir que je te valide.

Tu peux dorénavant poster sur le forum, ton rang et ton groupe vont t'être attribués sous peu.

En attendant je te propose de créer ta fiche de liens ainsi que celle de RP. Et comme tu as rejoins les membres de la Confrérie tu as accès à leur Secret Zone, n'hésites pas à y faire un tour.

Tu peux également proposer tes propres scénarios et si il te reste encore des questions n'oublie pas que cette section reste toujours ouverte.

Saches qu'un event est actuellement ouvert. Tu trouveras toutes les informations le concernant ici.

Je te souhaite bon jeu sur X-Men: Days Past !





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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mar 28 Oct - 19:08
Ah flûte, j'avais pourtant relu, je referai un passage asap pour chasser les dernières x)


Merci en tout cas Charly



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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mar 28 Oct - 21:57
Bienvenue ! En espérant que tu restes longtemps parmi nous. Smile J'me pose la question si l'électricité peut être influencée par le magnétisme. :3
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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mar 28 Oct - 22:21
Bienvenue !
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MessageSujet: Re: Erik Lehnsherr ♕ the desolate king i'm crowned.   Mer 29 Oct - 8:59
Merci les filles


Haruka, c'est bien dans mon intention **
Quant à l'électricité, à part dans le cas d'un champ électromagnétique, je ne crois pas, ça me semble le seul cas possible ^^



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